Chorale : I Want to Break Free de Queen

I want to break free
I want to break free
I want to break free from your lies
You’re so self satisfied I don’t need you
I’ve want to break free
God knows, God knows I want to break free

I’ve fallen in love
I’ve fallen in love for the first time
And this time I know it’s for real
I’ve fallen in love, yeah
God knows, God knows I’ve fallen in love

It’s strange but it’s true
I can’t get over the way you love me like you do
But I have to be sure
When I walk out that door
Oh how I want to be free, baby
Oh how I want to break free,
Oh how I want to break free

But life still goes on
I can’t get used to, living without, living without,
Living without you by my side
I don’t want to live alone, hey
God knows, got to make it on my own
So baby can’t you see
God knows, gods know, gods know
I’ve want to break free

Chorale : Radio Gaga de Queen

I’d sit alone and watch your light
My only friend through teenage nights
And everything I had to know
I heard it on my radio
Radio.

You gave them all those old time stars
Through wars of worlds – invaded by Mars
You made ‘em laugh – you made ‘em cry
You made us feel like we could fly.

So don’t become some background noise
A backdrop for the girls and boys
Who just don’t know or just don’t care
And just complain when you’re not there
You had your time, you had the power
You’ve yet to have your finest hour
Radio.

All we hear is Radio ga ga
Radio goo goo
Radio ga ga
All we hear is Radio ga ga
Radio blah blah
Radio waht’s new?
Radio, someone still loves you!

We watch the shows – we watch the stars
On videos for hour and hours
We hardly need to use our ears
How music changes through the years.

Let’s hope you never leave old friend
Like all good things on you we depend
So stick around cos we might miss you
When we grow tired of all this visual
You had your time, you had the power
You’ve yet to have your finest hour
Radio.

All we hear is Radio ga ga
Radio goo goo
Radio ga ga
All we hear is Radio ga ga
Radio goo goo
Radio ga ga
All we hear is Radio ga ga
Radio blah blah
Radio waht’s new?
Radio, someone still loves you!

6ème Séquence 1 : Comment mettre en scène le pouvoir royal ?

Télécharger la fiche élèves : 6s1

Frise

Ballet de la Nuit de Lully (extrait du film « Le Roi Danse ») :

Le roi Louis XIV dans le Ballet de la Nuithttp://operabaroque.fr/CAMBEFORT_NUIT.htm

L’époque baroque : http://www.histoiredelart.net/courants/le-baroque-5.html

Te Deum de Charpentier :

A propos du Te Deum de Charpentier : http://mediatheque.cite-musique.fr/masc/?INSTANCE=CITEMUSIQUE&URL=/mediacomposite/CMDP/CMDP000000100/04-Charpentier-Te-Deum.htm

Les nuances :

Les familles d’instruments

Pour découvrir les instruments de l’orchestre : http://www.couleurs-orchestre.com/

La famille des cordes :

La famille des bois :

La famille des cuivres :

cuivres_2

La famille des percussions :

Zadok the Priest de Haendel :

Chanson : Le lion est mort ce soir d’Henri Salvador

We up we up we up we up….

Dans la jungle, terrible jungle
Le lion est mort ce soir
Et les hommes tranquille s’endorment
Le lion est mort ce soir

Wimboe wimboe wimboe wimboe…

Tout est sage dans le village
Le lion est mort ce soir
Plus de rage, plus de carnage
Le lion est mort ce soir

Wimboe wimboe wimboe wimboe…

L’indomptable, le redoutable
Le lion est mort ce soir
Viens ma belle, viens ma gazelle
Le lion est mort ce soir

Wimboe wimboe wimboe wimboe…

Dans la jungle, terrible jungle
Le lion est mort ce soir
Dans la jungle, terrible jungle
Le lion est mort ce soir

Wouh !

Je voudrais déjà être roi, extrait du Roi Lion :

SIMBA :
C’est moi Simba
C’est moi le roi
du royaume animal

ZAZU :
C’est la première fois qu’on voit un roi
Avec si peu de poils

SIMBA:
Je vais faire dans la cour des grands
Une entrée triomphale
En poussant très royalement
Un rugissement bestial

ZAZU :
Majesté tu ne te mouches pas du coude

Je voudrais déjà être roi

SIMBA :
Au roi on ne dit pas
Tiens ta langue et tais toi
Surtout ne fais pas ça
Restes ici, assieds toi

SIMBA :
Sans jamais dire ou je vais
Je veux faire ce qui me plaît

ZAZU :
IL est grand temps votre grandeur
Qu’on parle de cœur à cœur

SIMBA :
Le roi n’a que faire des conseils
D’une vieille corneille

ZAZU :
Si tu confonds la monarchie
Avec la tyrannie
Vive la république
Adieu l’Afrique
Je ferme la boutique
Prends garde Lion
Ne te trompe pas de voie

Je voudrais déjà être roi

Regardez bien à l’ouest
Regardez bien à l’est
Mon pouvoir sans conteste
Et sans frontières

CHOEURS :
C’est une rumeur qui monte jusqu’au ciel
Les animaux répandent la nouvelle
Simba sera le nouveau roi soleil

SIMBA :
Je voudrais être roi
Je voudrais être roi
Je voudrais être roi

L’histoire de la vie, extrait du Roi Lion :

5ème Séquence 1 : Comment la technique de l’imitation est-elle utilisée en musique ?

Télécharger la fiche élèves : 5s1

Frise

Canon Banuwa :

Rock my Soul par les chorales des collèges Jean Maumus et Jules Ferry :

Michelle des Beatles :

Michelle, ma belle
These are words that go together well
My Michelle

Michelle, ma belle
Sont des mots qui vont tres bien ensemble
tres bien ensemble

I love you, I love you, I love you
that’s all I want to say
Until I find a way
I will say the only words I know you’ll understand

Michelle, ma belle
Sont des mots qui vont tres bien ensemble
tres bien ensemble

I need to, I need to, I need to
I need to make you see
Oh, what you mean to me
Until I do I’m hoping you will know what I mean
I love you

I want you, I want you, I want you
I think you know by now
I’ll get to you some how
Until I do I’m telling you so you’ll understand

Michelle, ma belle
Sont des mots qui vont tres bien ensemble
tres bien ensemble
And I will say the only words I know that you’ll understand
My Michelle

Beatles go Baroque :

Première fugue du Clavier Bien Tempéré de Jean-Sébastien Bach :

La petite fugue de Maxime Le Forestier :

C’était toujours la même
Mais on l’aimait quand même
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois
On était malhabiles
Elle était difficile
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois

Eléonore attaquait le thème au piano
On trouvait ça tellement beau
Qu’on en oubliait de jouer pour l’écouter
Elle s’arrêtait brusquement et nous regardait
Du haut de son tabouret
Et disait reprenez à fa mi fa mi ré

C’était toujours la même
Mais on l’aimait quand même
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois
On était malhabiles
Elle était difficile
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois

Souviens-toi qu’un violon fut jeté sur le sol
Car c’était toujours le sol
Qui gênait Nicolas quand il était bémol
Quand les voisins commençaient à manifester
C’était l’heure du goûter
Salut Jean-Sébastien et à jeudi prochain

C’était toujours la même
Mais on l’aimait quand même
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois
On était malhabiles
Elle était difficile
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois

Un jour Eléonore a quitté la maison
Emportant le diapason
Depuis ce jour nous n’accordons plus nos violons
L’un après l’autre nous nous sommes dispersés
La fugue seule est restée
Et chaque fois que je l’entends c’est le printemps

C’était toujours la même
Mais on l’aimait quand même
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois
On était malhabiles
Elle était difficile
La fugue d’autrefois
Qu’on jouait tous les trois

4ème Séquence 1 : Comment reconnaître les différents plans sonores d’une musique ?

Télécharger la fiche élèves : 4s1

Frise

Don’t Worry be Happy de Bobby McFerrin :

Here’s a little song i wrote,
you might want to sing it note for note,
don’t worry, be happy

in every life we have some trouble,
when you worry you make it double
don’t worry, be happy

dont worry be happy now
dont worry be happy
dont worry be happy
dont worry be happy
dont worry be happy
aint got no place to lay your head,
somebody came and took your bed,
don’t worry, be happy

the landlord say your rent is late,
he may have to litagate,
dont worry (small laugh) be happy,

look at me im happy,
don’t worry, be happy

i give you my phone number,
when your worried, call me,
i make you happy

don’t worry, be happy

aint got no cash, aint got no style,
aint got no gal to make you smile
but don’t worry, be happy

cos when you worry, your face will frown,
and that will bring everybody down,
so don’t worry, be happy

don’t worry, be happy now…

don’t worry, be happy
don’t worry, be happy
don’t worry, be happy
don’t worry, be happy

now there this song i wrote
i hope you you learned it note for note
like good little children

dont worry be happy

listen to what i say
in your life expect some trouble
when you worry you make it double
dont worry be happy
be happy now

dont worry, be happy
dont worry, be happy
dont worry, be happy
dont worry, be happy
dont worry
dont worry be happy
don’t worry, don’t worry, don’t do it,
be happy,put a smile on your face,
don’t bring everybody down like this

don’t worry, it will soon pass whatever it is,
don’t worry, be happy,
i’m not worried

Site internet de Bobby McFerrin : http://bobbymcferrin.com/dont-worry-be-happy-song/

3ème Séquence 1 : Comment la première guerre mondiale a-t-elle influencé la création artistique ?

Télécharger la fiche élèves en PDF : 3s1Frise

En passant par la Lorraine sur Youtube : http://youtu.be/Phe6bgWtTCY

En passant par la Lorraine,
Avec mes sabots,
Rencontré trois capitaines,
Avec mes sabots dondaine,
Oh ! Oh ! Oh ! avec mes sabots !

Rencontré trois capitaines,
Avec mes sabots,
Ils m’ont appelé vilaine,
Avec mes sabots dondaine,
Oh ! Oh ! Oh ! avec mes sabots !

Je ne suis pas si vilaine,
Avec mes sabots,
Puisque le fils du roi m’aime,
Avec mes sabots dondaine,
Oh ! Oh ! Oh ! avec mes sabots !

Il m’a donné pour étrennes,
Avec mes sabots,
Un bouquet de marjolaine,
Avec mes sabots dondaine,
Oh ! Oh ! Oh ! avec mes sabots !

Un bouquet de marjolaine,
Avec mes sabots,
S’il fleurit, je serai reine,
Avec mes sabots dondaine,
Oh ! Oh ! Oh ! avec mes sabots !

S’il fleurit, je serai reine,
Avec mes sabots,
Mais s’il meurt, je perds ma peine,
Avec mes sabots dondaine,
Oh ! Oh ! Oh ! avec mes sabots !

En Passant par la Lorraine sur le site Ces chansons qui font l’Histoirehttp://eduscol.education.fr/chansonsquifontlhistoire/En-passant-par-la-Lorraine

Croquemitaine, par la Maîtrise de Radio France :

La chanson Croquemitaine sur France info : http://www.franceinfo.fr/emission/la-fleur-au-fusil-14-18-en-chansons/2014-ete/la-fleur-au-fusil-14-18-en-chansons-ete-2014-du-23-08-2014-08-23-2014-06

En entrant dans la Lorraine avec nos flingots
En entrant dans la Lorraine avec nos flingots
Nous verrons Croquemitaine avec ses flingots dondaine ohohoh
Avec ses flingots

Nous verrons Croquemitaine avec ses flingots
Nous verrons Croquemitaine avec ses flingots
C’est un fougueux Capitaine avec ses flingots  dondaine ohohoh
Avec ses flingots

C’est un fougueux Capitaine avec ses flingots
C’est un fougueux Capitaine avec ses flingots
Qu’un immense orgueil entraine avec ses flingots dondaine ohohoh
Avec ses flingots

Qu’un immense orgueil entraine avec ses flingots
Qu’un immense orgueil entraine avec ses flingots
Loin de son prussien domaine avec ses flingots dondaine ohohoh
Avec ses flingots

Loin de son prussien domaine avec ses flingots
Loin de son prussien domaine avec ses flingots
Pour boire de l’eau de Seine avec ses flingots dondaine ohohoh
Avec ses flingots

Pour boire de l’eau de Seine avec ses flingots
Pour boire de l’eau de Seine avec ses flingots
Et semer dans notre plaine avec ses flingots dondaine ohohoh
Avec ses flingots

Et semer dans notre plaine avec ses flingots
Et semer dans notre plaine avec ses flingots
Sa barbare et sale graine avec ses flingots dondaine ohohoh
Avec ses flingots

Sa barbare et sale graine avec ses flingots
Sa barbare et sale graine avec ses flingots
Nous lui trouerons la bedaine avec nos flingots dondaine ohohoh
Avec nos flingots

Bonsoir M’amour de Charles Sablon :

Un joli teint frais de rose en bouton,
Des cheveux du plus beau blond,
Ouvrière humble et jolie,
Ell’ suivait tout droit sa vie,
Lorsqu’un jeune homm’ vint, comm’ dans un roman,
Qui l’avait vue en passant,
Et qui, s’efforçant de la rencontrer,
S’était mis à l’adorer.
Et, timide, un soir que la nuit tombait,
Avec un sourire il lui murmurait :

{Refrain:}
« Bonsoir m’amour, bonsoir ma fleur,
Bonsoir toute mon âme !
O toi qui tient tout mon bonheur
Dans ton regard de femme !
De ta beauté, de ton amour,
Si ma route est fleurie,
Je veux te jurer, ma jolie,
De t’aimer toujours ! »

Ça fit un mariage et ce fut charmant ;
Du blond, du rose et du blanc !
Le mariag’ c’est bon tout d’même
Quand c’est pour la vie qu’on s’aime !
Ils n’eur’nt pas besoin quand ils fur’nt unis
D’faire un voyag’ dans l’ midi :
Le midi, l’ciel bleu, l’soleil et les fleurs,
Ils en avaient plein leur cœur.
L’ homme, en travaillant, assurait l’av’nir
Et chantait le soir avant de s’endormir :

{au Refrain}

Au jardin d’amour les heureux époux
Vir’nt éclore sous les choux,
Sous les roses ou sous autr’chose
De jolis p’tits bambins roses…
Le temps a passé, les enfants sont grands,
Les vieux ont les ch’veux tout blancs
Et quand l’un murmure : « y a quarante ans d’ça ! »
L’autre ému répond : « Déjà ! »
Et le vieux redoute le fatal instant
Où sa voix devrait dire en sanglotant :

{Refrain:}
« Adieu, m’amour! adieu, ma fleur !
Adieu toute mon âme !
O toi qui fit tout mon bonheur
Par ta bonté de femme !
Du souvenir de ses amours
L’âme est toute fleurie,
Quand on a su toute la vie
S’adorer toujours ! »

La Chanson de Craonne :

Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendr’ les tranchées
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le coeur bien gros comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambour même sans trompette
On s’en va là haut en baissant la tête

REFRAIN
Adieu la vie adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchées huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

REFRAIN

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la mêm’ chose
Au lieu de s’cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens car nous n’avons rien
Nous autr’s les pauvr’s purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là

DERNIER REFRAIN
Ceux qu’ont l’pognon ceux-là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour messieurs les gros
D’monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

Extrait du film Un long dimanche de Fiançailles dans lequel on entend la chanson de Craonne :

Une autre version de la Chanson de Craonne :

La mémoire de Craonne :

L’offensive du Chemin des Dames :

La guerre de 14-18 :

Les tranchées (extrait du documentaire Le Bruit et la Fureur) :

Création à partir d’un extrait du roman Le feu, journal d’une escouade d’Henri Barbusse (travail interdisciplinaire)

Article Wikipédia sur Le journal d’une escouade : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Feu_(roman)

Extrait travaillé : 

Brusquement, devant nous, sur toute la largeur de la descente, de sombres flammes s’élancent en frappant l’air de détonations épouvantables. En ligne, de gauche à droite, des fusantssortent du ciel, des explosifs sortent de la terre. C’est un effroyable rideau qui nous sépare du monde, nous sépare du passé et de l’avenir. On s’arrête, plantés au sol, stupéfiés par la nuée soudaine qui tonne de toutes parts; puis un effort simultané soulève notre masse et la rejette en avant, très vite. On trébuche, on se retient les uns aux autres, dans de grands flots de fumée. On voit, avec de stridents fracas et des cyclones de terre pulvérisée, vers le fond où nous nous précipitons pêle-mêle, s’ouvrir des cratères, çà et là, à côté les uns des autres, les uns dans les autres. Puis on ne sait plus où tombent les décharges. Des rafales se déchaînent si monstrueu­sement retentissantes qu’on se sent annihilé par le seul bruit de ces averses de tonnerre, de ces grandes étoiles de débris qui se forment en l’air.

On voit, on sent passer près de sa tête des éclats avec leur cri de fer rouge dans l’eau. A un coup, je lâche mon fusil, tellement le souffle d’une explosion m’a brûlé les mains. Je le ramasse en chancelant et repars tête bais­sée dans la tempête à lueurs fauves, dans la pluie écrasante des laves, cinglé par des jets de poussier3 et de suie.

Les stridences des éclats qui passent vous font mal aux oreilles, vous frappent sur la nuque, vous traversent les tempes, et on ne peut retenir un cri lorsqu’on les subit.

On a le cœur soulevé, tordu par l’odeur soufrée. Les souffles de la mort nous poussent, nous soulèvent, nous balancent. On bondit; on ne sait pas où on marche. Les yeux clignent, s’aveuglent et pleurent. Devant nous, la vue est obstruée par une avalanche fulgurante, qui tient toute la place. C’est le barrage4. Il faut passer dans ce tourbillon de flammes et ces horribles nuées verticales. On passe. On est passé, au hasard  j’ai vu, çà et là, des formes tournoyer, s’enlever et se coucher, éclairées d’un brusque reflet d’au-delà. J’ai entrevu des faces étranges qui poussaient des espèces de cris, qu’on aper­cevait sans les entendre dans l’anéantissement du vacarme. Un brasier avec d’immenses et furieuses masses rouges et noires tombait autour de moi, creu­sant la terre, l’ôtant de dessous mes pieds, et me jetant de côté comme un jouet rebondissant. je me rappelle avoir enjambé un cadavre qui brûlait, tout noir, avec une nappe de sang vermeil qui grésillait sur lui, et je me souviens aussi que les pans de la capote qui se déplaçait près de moi avaient pris feu et laissaient un sillon de fumée. A notre droite, tout au long du boyau 97, on a le regard attiré et ébloui par une file d’illuminations affreuses, serrées l’une contre l’autre comme des hommes.

«  En avant! »

Maintenant, on court presque. On en voit qui tombent tout d’une pièce, la face en avant, d’autres qui échouent humblement, comme s’ils s’asseyaient par terre. On fait de brusques écarts pour éviter les morts allongés, sages et raides, ou bien cabrés, et aussi, pièges plus dangereux, les blessés qui se débat­tent et qui s’accrochent.

Le Boyau International !

On y est. Les fils de fer ont été déterrés avec leurs longues racines en vrille, jetés ailleurs et enroulés, balayés, poussés en vastes monceaux par le canon. Entre ces grands buissons de fer humides de pluie, la terre est ouverte, libre. [. .]

          «  En avant! » crie un soldat quelconque.

Alors tous reprennent en avant, avec une hâte croissante, la course à l’abîme. […]

Une nuée de balles gicle autour de moi, multipliant les arrêts subis, les chutes retardées, révoltées, gesticulantes, les plongeons faits d’un bloc avec tout le fardeau du corps, les cris, les exclamations sourdes, rageuses, déses­pérées ou bien les  « han ! » terribles et creux où la vie entière s’exhale d’un coup. Et nous qui ne sommes pas encore atteints, nous regardons en avant, nous marchons, nous courons, parmi les jeux de la mort qui frappe au hasard dans toute notre chair.

Henri Barbusse, Le Feu, Journal d’une escouade, « Le Feu ».

Une lettre oubliée de Juliette :

Lui :
Mon amour, ma bien aimée,
Me voici trop loin de toi,
Comment survivre éloigné
De ton cœur et de tes bras?

Elle :
De mon cœur et de mes bras
Tiens, je l´avais oubliée
Cette lettre et qui, ma foi,
Peut me l´avoir envoyée?

Lui :
Si tu savais quel ennui
Loin de nos jeux amoureux
Elle :
Est-ce André ou est-ce Henri?
Est-ce Paul aux si beaux yeux?

Lui :
Rien ne distrait la folie
Qui m´entoure mais rien ne peut
Détourner mon cœur épris
Elle :
Oh non, ça ne peut être lui!

Lui :
Mon amour, mon feu, ma joie,
Je reviendrai, sois-en sûre
Elle :
Vrai, c´est la première fois
Que je vois cette écriture.

Lui :
Ton portrait posé sur moi,
Me protège et me rassure
Elle :
Cette lettre entre mes doigts
Serait-elle une imposture?

Lui :
Oui, l´enfer est de ce monde
Mais le pire est de compter
Ces heures, ces jours, ces secondes
Qui nous tiennent séparés

Elle :
J´ai beau chercher dans la ronde
De mes amoureux passés
Dans quelle amnésie profonde
Cet amant-là s´est noyé

Lui :
Mon amour, ma toute belle,
Je t´aime et je t´aime tant
Elle :
Il n´y a rien d´éternel,
Rien qui ne résiste au temps

Lui :
Un baiser sur ta prunelle,
Sur ta bouche tout autant
Elle :
Rien qui ne résiste au temps
Et la mémoire est cruelle

Lui :
Mais adieu ma vie, mon cœur,
Il faut bien que je m´en aille
On m´appelle, il est six heures
A demain, vaille que vaille!

A moins que ton artilleur
N´ait pour seules funérailles
Que les tranchées et la peur,
Le vacarme et la mitraille

Elle :
Sur ces pages abîmées
Il manque une ultime morsure,
La certitude affirmée
D´une simple signature

Lui :
Mon amour, si d´aventure
Au front je devais tomber,
Je voudrais que tu me jures
De ne jamais m´oublier

Elle et Lui :
Je voudrais que tu me jures
De ne jamais m´oublier.