2nd séquence 1: Comment la musique se met-elle au service du texte ?

Séquence inspirée du « Voyage de Monsieur Monteverdi » (disponible sur le site Culturebox):

Accès au dossier : http://m.culturebox.francetvinfo.fr/festivals/integrale-des-madrigaux-de-monteverdi/le-voyage-de-m-monteverdi-ou-observer-une-revolution-musicale-225725

Frise

Un motet polytextuel du XIIIème siècle : On parole – A Paris – Frèse nouvele

A Paris – On parole de batre – Mo 319
f° 368 v°-369v°- trois voix – teneur : Frese nouvelle

Teneur:
Frese nouvelle !
Muere France !

Duplum:
A Paris, soir et matin,
Truev’on bon pain et bon cler vin,
Bone char et bon poisson,
De toutes guises compaignons.
Sans soutie, grant baudour,
Biaus joiaus, dames d’ounour ;
Et si truev’on bien entredeus
De menre fuer pour homes desireus.

Triplum:
On parole de batre et de vanner Et de foïr et de hanner
Mais ces deduis trop me desplaisent,
Car il n’est si bone vie que d’estre a aise De bon cler vin et de chapons,
Et d’estre aveuc bons compaignons
Liés et joians,
Chantans, truffans
Et amorous,
Et d’avoir, quant c’on a mestier, Pour solacier
Bele dames a devis :
Et tout ce truev’on a Paris.

Le motet au XIIIème siècle : http://mediatheque.cite-musique.fr/masc/?INSTANCE=CITEMUSIQUE&URL=/mediacomposite/cmdo/CMDO000010000/CMDO000010900/07-1.htm

La renaissance et l’époque baroque :


Présentation Paul Agnew – Les Arts Florissants… par culturebox

Lapidant Stephanum de Monteverdi (1582) :

Lapidabant Stephanum
invocantem et dicentem Domine Jesu
accipe spiritum meum et ne statuas illis hoc peccatum
et cum hoc dixisset obdormivit in Domino.

(Actes des Apôtres VII, 58-59)

Ils lapidaient Etienne, qui priait et disait :
« Seigneur Jésus, reçois mon âme
Et ne leur impute pas ceci à péché ».
Après avoir dit cela, il s’endormit dans le Seigneur.

Baci, soavi et cari (1587) de Monteverdi :

Baci soavi e cari,
cibi della mia vita,
ch’or m’involate or mi rendete il core:
per voi convien ch’impari
come un’alma rapita
non senta il duol di mort’e pur si more.
Quant’ha di dolce amore,
perché sempr’io vi baci,
o dolcissime rose,
in voi tutto ripose;
e s’io potessi ai vostri dolci baci
la mia vita finire,
o che dolce morire!

Chers et doux baisers,
Aliments de ma vie,
Qui tantôt me dérobez, tantôt me rendez mon cœur,
C’est par vous qu’il faut apprendre
Comment une âme ravie
Ne sent pas la douleur de la mort, et meurt pourtant.

Tout ce que l’amour a de doux,
Pour que toujours je vous baise,
Ô douces roses,
Repose tout en vous.
Et si je pouvais par vos doux baisers
Mettre fin à ma vie,
Ah, quelle douce mort !

Vattene pur crudel (1592) de Monteverdi :

Vattene pur, crudel, con quella pace
che lasci a me; vattene, iniquo, omai.
Me tosto ignudo spirt’ombra seguace
indivisibilmente a tergo avrai.
Nova furia, co’ serpi e con la face
tanto t’agiterò quanto t’amai.
E s’è destin ch’esca del mar, che schivi
li scogli e l’onde e che a la pugna arrivi.

« Va-t‘en donc, cruel, avec cette paix
Que tu me laisses; va-t’en, inique.
Bientôt, esprit dépouillé de son corps, ombre tenace,
Je serai derrière toi, indissociable.
Nouvelle furie, avec des serpents, avec une torche,
Je te persécuterai autant que je t’ai aimé.
Et si le destin veut que tu réchappes de la mer, que tu évites
Les écueils et les flots, et que tu arrives au combat,

Lasciatemi morire (1614) de Monteverdi :

Lasciatemi morire
Lasciatemi morire
E che volete
Che mi conforte
In cosi dura sorte
In cosi gran martire
Lasciatemi morire
Lasciatemi morire
E che volete
Che mi conforte
In cosi dura sorte
In cosi gran martire
Lasciatemi morire
Lasciatemi morire

Laissez-moi mourir
Laissez-moi mourir
Et qui vous
C’est moi le confort
Dans un tel sort dure
Dans de grandes souffrances telles
Laissez-moi mourir
Laissez-moi mourir
Et qui vous
C’est moi le confort
Dans un tel sort dure
Dans de grandes souffrances telles
Laissez-moi mourir
Laissez-moi mouri

Il Combattimento di Tancredi e Clorinda (1624) de Monteverdi :

L’Orfeo de Monteverdi (1607) :

Dossier sur l’Orfeo de Monteverdi : http://www.cndp.fr/crdp-reims/fileadmin/documents/preac/spectacle_vivant_opera/dossiers_pedagogiques/Carnet_d_opera_Orfeo.pdf

Comparaison : Il est bel et bon de Passereau, 1534 / Orfeo de Monteverdi, 1607 (vers 2’22)

Les Feuilles Mortes de Prévert et Cosma

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n’ai pas oublié…
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l’oubli.
Tu vois, je n’ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.

(Refrain)
C’est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m’aimais et je t’aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s’aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie.
Je t’aimais tant, tu étais si jolie.
Comment veux-tu que je t’oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n’ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais,
Toujours, toujours je l’entendrai !

(Refrain)
C’est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m’aimais et je t’aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s’aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Babe, I’m gonna leave you de Led Zeppelin

Babe, baby, baby, I’m gonna leave you

I said, baby, you know I’m gonna leave you
I’m leave you when the summertime
Leave you when the summer comes a-rollin’
Leave you when the summer comes along

Babe, babe, babe, baby, I’ll wanna leave you
I ain’t jokin’, woman, I’ve got to ramble
Oh, yeah, baby, baby, I will really, really got to ramble
I can hear it callin’ me
I can hear it callin’ me the way it used to do
Oh, I can hear it callin’ me back home

Baby, oh, babe, I’m gonna leave you
Hoh, baby, you know I’ve really got to leave you
Oh, I can hear it callin’ me
I said, don’t you hear it callin’ me the way it used to do

I know, I know
I know I never, never, never, never, never gonna leave you, babe
But I’ve got to go away from this place, I’ve got to quit you, yeah
You hear it callin’
Don’t you hear it callin’ me again

Oh, woman, woman, I know, I know
Feels good to have you back again, and I know that one day, baby
It’s gonna really grow, yes it is
We’re gonna go walkin’ through the park every day
Come what may, every day
I’m gonna leave you, go away

Hoh, oh, god, miss your lips, sweet baby
It was really, really good
You made me happy every single day
But now, I’ve got to go away !

That’s when it’s callin’ me
I said, that’s when it’s callin’ me back home

Bébé, bébé, bébé, je vais te quitter
Je disais, bébé, tu sais que je vais te quitter
Je te quitterai quand l’été
Te quitterai quand l’été surviendra avec célérité
Te quitterai quand l’été ira de l’avant

Bébé, bébé, je veux te quitter
Je ne plaisante pas chérie, je dois vagabonder
Oh, ouais, bébé, bébé, je devrai vagabonder
Je peux l’entendre m’appeler
Je peux l’entendre m’appeler comme il le faisait auparavant
Je peux l’entendre me rappeler chez moi !

Bébé, oh, bébé, je vais te quitter
Oh, bébé, tu sais, je dois vraiment te quitter
Oh je peux l’entendre m’appeler
Je disais, ne peux-tu pas l’entendre m’appeler comme il le faisait auparavant ?

Je sais, je sais
Je sais que je ne t’abandonnerai jamais jamais jamais jamais jamais
Mais je dois partir d’ici, je dois te quitter, oui
Tu l’entends appeler
Ne l’entends-tu pas m’appeler à nouveau ?

Chérie, chérie, je sais, je sais
C’est magnifique de jouir de ton retour, et je sais qu’un jour, bébé
Cela va réellement s’intensifier, oui
Nous irons flâner dans le parc tous les jours
Quoi qu’il arrive, tous les jours
Je vais te quitter, partir

Oh, seigneur, j’ai manqué tes lèvres, doux bébé
Ce fut vraiment, vraiment bien
Tu m’as rendu heureux chaque jour
Mais maintenant, je dois m’en aller !

C’est lorsqu’il m’appelle
C’est lorsqu’il me rappelle chez moi…

Je chante de Charles Trenet :

Je chante !
Je chante soir et matin,
Je chante sur mon chemin,
Je chante, je vais de ferme en château
Je chante pour du pain je chante pour de l’eau
Je couche
Sur l’herbe tendre des bois
Les mouches
Ne me piqu’nt pas
Je suis heureux, j’ai tout et j’ai rien
Je chante sur mon chemin
Je suis heureux et libre enfin.

Les nymphes
Divinités de la nuit,
Les nymphes
Couchent dans mon lit.
La lune se faufile à pas de loup
Dans le bois, pour danser, pour danser avec nous.
Je sonne
Chez la comtesse à midi :
Personne,
Elle est partie,
Ell’ n’a laissé qu’un peu d’riz pour moi
Me dit un laquais chinois.

Je chante,
Mais la faim qui m’affaiblit
Tourmente
Mon appétit.
Je tombe soudain au creux d’un sentier,

Je défaille en chantant et je meurs à moitié.
« Gendarmes,
Qui passez sur le chemin,
Gendarmes,
Je tends la main.
Pitié, j’ai faim, je voudrais manger,
Je suis léger… léger… »

Au poste,
D’autres moustaches m’ont dit,
Au poste,
« Ah ! mon ami,
C’est vous le chanteur vagabond ?
On va vous enfermer… oui, votre compte est bon. »
Ficelle,
Tu m’as sauvé de la vie,
Ficelle,
Sois donc bénie
Car, grâce à toi, j’ai rendu l’esprit,
Je me suis pendu cette nuit… et depuis…

Je chante !
Je chante soir et matin,
Je chante
Sur les chemins,
Je hante les fermes et les châteaux,
Un fantôme qui chante, on trouve ça rigolo
Je couche,
Parmi les fleurs des talus,
Les mouches
Ne me piqu’nt plus.
Je suis heureux, ça va, j’ai plus faim,
Heureux, et libre enfin !

Ecoute comparative :

Pur ti Miro, extrait du Couronnement de Poppée de Claudio Monteverdi

Tirée du Couronnement de Poppée, ce duo se situe à la fin d’un opéra complexe en trois actes, tantôt dramatique et bouffon, mettant en scène une grande variété de personnages, chantant accompagnés par
un orchestre réduit.
Néron, empereur de Rome, désire Poppée. Les obstacles à cette idylle sont nombreux : l’impératrice
Octavie, épouse outragée, Othon, amoureux de Poppée, Sénèque, philosophe donneur de leçons, Drusilla,
amoureuse d’Othon… Trahisons, répudiation, exils et suicide forcé viendront permettre à l’empereur de
couronner sa nouvelle égérie, à l’issue des rebondissements passablement immoraux d’une histoire dont
personne ne sort grandi.
Le duo final met en scène Poppée et Néron, libérés de toutes les tracasseries et
embûches de l’histoire.
Aussi peu scrupuleux que soient les deux tourtereaux, l’amour reste l’amour, sa
force autant que sa profondeur donnent à cet air un caractère sublime et intemporel.

Pur ti miro, pur ti godo, pur ti stringo, pur t’annodo; più non peno, più non moro, O mia
vita, o mio tesoro!
Io son tua, tuo son io, Speme mia,dillo, di. Tu sei pur l’idolo mio, Si, mio ben,si mio cor, mia
vita, si!
Pur ti miro, pur ti godo, pur ti stringo, pur t’annodo; più non peno, più non moro, O mia
vita, o mio tesoro!
Traduction approximative:
Je te regarde, je jouis de ta vue, je te serre dans mes bras, je me lie à toi;
je n’ai plus de peines, je ne meurs plus d’amour, ô ma vie, ô mon trésor!
Je suis tienne, je suis à toi, mon espérance, dis le, dis.
Tu es mon idole, oui, mon amour, oui, mon coeur, ma vie, oui!
Je te regarde, je jouis de ta vue, je te serre dans mes bras,
je me lie à toi; je n’ai plus de peines, je ne meurs
plus d’amour, ô ma vie, ô mon trésor!

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